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Journal du séjour de Ségolène en Inde

1 août 2003

Au mois d’août 2003, quatre jeunes dont une de Plaisir sont partis en Inde pour participer à la vie d’enfants des quartiers les plus pauvres de Madras. Merci aux paroissiens qui ont participé en apportant en juin, des crayons, cahiers...etc. Voici le journal du séjour de Ségolène.

Après un voyage épuisant, pas une minute de sommeil de samedi matin 6 h 30 à dimanche soir 22 h 30, nous voici plongées dans l’univers indien.

Après un voyage épuisant, pas une minute de sommeil de samedi matin 6 h 30 à dimanche soir 22 h 30, nous voici plongées dans l’univers indien.
Madras, ses chants d’oiseaux exotiques très étranges, sa circulation infernale, ses femmes magnifiques en sari de toutes les couleurs, ses pluies de pré-mousson qui nous trempent de la tête aux pieds en 2 minutes...mais aussi la pauvreté qui est présente à tous les coins de rue... des gens assis ou couchés par terre au milieu des ordures, des infirmes complètement défigurés, déformés, qui nous regardent d’un air suppliant, des enfants tous maigres qui nous suivent pendant 15 minutes en nous tirant la manche pour qu’on leur donne de l’argent... comment dire non? Comment détourner le regard et passer son chemin en les laissant tels quels dans leur misère?
Aujourd’hui nous avons passé notre première journée dans notre école: sur le toit d’une maison du bidonville, un petit muret coiffé d’un toit de feuilles de palme délimite une petite pièce de 8 m carrés environ.

Grand luxe, nous avons une ampoule et un ventilateur.

Le bidonville est relativement, soft, bien plus propre et moins pauvre qu’au Caire. Les enfants dont nous nous occupons sont des enfants qui ont arrêté d’aller à l’école pour diverses raisons: les parents avaient besoin d’un salaire donc ils ont envoyé leur enfant travailler dans une usine, les parents avaient besoin d’aide pour s’occuper des plus petit à la maison... ou encore « j’ai 7 ans mes parents sont morts alors j’ai arrêté d’aller à l’école pour m’occuper de ma petite soeur mais maintenant elle est morte alors je peux revenir à l’école «Nous avons donc 15 enfants très mignons et enthousiastes... tout se passe très bien pour l’instant entre jeux, chansons, dessins.

 

Nous nous faisons à la vie indienne.

Nous découvrons la gastronomie indienne qui est très variée et bonne ...enfin les 2 premières bouchées sont délicieuses mais après on a la bouche tellement en feu qu’on ne sent plus aucun goût ! Nous devenons experts pour manger avec la main droite... même pour le riz on commence à maîtriser la technique ! Par contre pour boire à l’indienne c’est plus dur: il ne faut pas toucher le verre ou le goulot de la bouteille...on s’en met partout à chaque fois.

Nous avons toutes adopté la shurida, tenue locale beaucoup plus pratique que le sari

et nous découvrons les joies du rickshaw (pousse-pousse en scooter), la circulation est complètement loufoque: la voie de gauche (ici on roule à gauche) est ralentie...pas grave on déboule sur la voie de droite, un camion arrive en face...c’est parti pour une petite partie de slalom, il faut être bien accrochée.
Aujourd’hui nous avons testé le train...la gare est bondée. Il faut se tenir la main et jouer des coudes sur la quai pour ne pas se perdre...il faut sauter dans le train en marche. Un mendiant unijambiste rampe dans l’allée centrale du wagon pour quémander quelques pièces.
Madras n’est pas une très belle ville mais elle grouille de vie. C’est impressionnant. On y trouve 1001 odeurs.., au bord du fleuve ça devient insoutenable...des petites cahutes s’entassent les unes contre les autres, des monceaux d’ordure flottent sur le fleuve, les rats gambadent allègrement entre les maisons, des petits enfants tout nus jouent au milieu des ordures, des femmes assises sur le seuil font leur lessive sur le trottoir, les hommes dorment couchés sur le trottoir ou font leur toilette en lungi...c’est vraiment beaucoup plus pauvre que le bidonville où nous travaillons.
La vie indienne continue entre parties de slalom entre les vaches qui ont décidé de faire un sitting au milieu de la rue, ruses pour dénicher les morceaux de piments dans les plats et les faire disparaître discrètement, frayeurs en rickshaw... et le chantier.

Les enfants sont vraiment géniaux.

On a une bonne petite bande entre Balaji la mascotte du groupe, tout le monde l’adore, il est haut comme trois pommes, physiquement on lui donnerait 3 ans...il en a 6, problème de croissance et de malnutrition. Priya et Kokila, les 2 grandes qui font la loi quand la teocher n’est pas là, Kuppan toujours dans la lune, Vijay la pile électrique intenable, Appu le clown de service, Ravi le tout mignon tout timide, J’anajay qui o un petit retard mental...au début elle passait son temps à pleurer et refusait de participer aux jeux... maintenant elle sourit, participe et fait m&ne gagner son équipe, et nous regarde, nous sourit et vient nous serrer la main. Hemalatah la petite crevette qui ne parle pas tamoul et nous regarde comme si nous étions des Mtes féroces, Batma qui vient toujours à côté de nous et ne nous I6che plus, Shakira qui o décidé de nous relooker, Adjila la petite chipie.

Aujourd’hui nous avons commencé à répéter le grand spectacle

de fin de chantier Les enfants vont mimer Blanche Neige. Nous avons passé la matinée à confectionner un masque pour chacun en fonction du rôle...le résultat est plutôt réussi, ils sont assez doués en coloriage..ça rend très bien. Ensuite répétition des chansons gestuées... ils n’ont pas trop les notions d’harmonie et de synchronisation, mais ils sont trop adorables.

Cet après-midi nous avons arpenté le bidonville pendant 1 h 30 pour aller distribuer les invitations aux parents des enfants de la transit school et d’autres de la communauté ... parcours dans le dédale de rues grouillantes d’enfants à moitié nus qui courent dans tous les sens en riant, des tas d’ordures partout dans lesquels les chèvres et les chiens fouillent pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent, les femmes qui font la queue au camion citerne avec leurs grandes cruches en plastique fluo pour aller chercher leur ration quotidienne d’eau. Les enfants de l’école sont tout fiers de se promener dans la rue en nous donnant la main et de montrer à leurs parents qu’on les connaît. Nous sommes l’attraction dans la rue , tous les enfants s’approchent pour nous toucher et nous dire « hello », les parents nous guettent du pas de leur porte... Sur un trottoir, un papa assis en tailleur, sa fille d’un an sur les genoux lui apprend à taper dans les mains en la couvant d’un air attendri...véritable bouffée d’oxygène... c’est tout de même beau la vie.
Demain nous partons toute la journée avec les 2 classes pour une sortie au zoo...

Après les 3 semaines de chantier, une semaine dans un orphelinat pour enfants handicapés tenu par les missionnaires de la charité.

L’orphelinat comporte 2 pièces: le rez-de-chaussée où se trouvent les filles de 8 à 16 ans handicapées mentales et quelques unes moteur. A l’étage sont alignés des lits à barreaux sur 3 rangées où sont les petits garçons de 2 à 10 ans + quelques filles du même age. La plupart peuvent bouger uniquement la tète, voire seulement les yeux.
Notre journée se partage entre messe à 6 h 30, jeux avec les grandes (là il s’agit de survivre parce qu’il y en a quelques unes qui sont hyper brutales) distribution de vitamines, aller stimuler et caresser les petits à l’étage parce qu’ils ne sont pas capables de jouer, les faire manger... ça dure 2 heures parce qu’ils ne savent pas déglutir... l’après midi nous avons trouvé un truc génial: la guitare. Les grandes adorent ça. Dès que Julie se met à jouer elles viennent toutes s’asseoir autour de nous et elles restent tranquilles , mime les plus turbulentes et aujourd’hui il y en a mime qui ont commencé à répéter les paroles et à chanter avec nous... c’est génial. En plus je leur ai ressorti une chanson tamoule que j’ai apprise dans le bidonville... Ca fait au moins un petit moment pendant lequel elles comprennent ce qu’on dit et ça leur plaît beaucoup.
A 16 h 30 c’est reparti pour le dîner avec les petits jusqu’à 18 h. Il faut aussi compter au moins 3 à 4 changes par enfant... il n’y a pas de couches, ils ont juste un short et ils sont dans leur lit...
Et de 18 h 30 à 19 h 30 adoration avec les sœurs.
Le 31 août, c’est le retour en France. Quel contraste entre ce mois vécu en Inde et la facilité, l’abondance de la vie en France. !!!

Ségolène

Album photo

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